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Laurent Bigot, compositeur et musicien, s’intéresse depuis longtemps aux rapports possibles
entre la musique et d’autres disciplines artistiques, ainsi qu’avec l’environnement, ou les objets et
les situations du quotidien.
Il développe différentes idées au fil de réalisations ou de rencontres avec des musiciens, des
danseurs, des cinéastes, des écrivains, des comédiens, des plasticiens...
Saxophoniste, il joue notamment avec Musicabrass, orchestre de plein air qui développe un jeu
avec l’environnement, urbain ou naturel.
Electroacousticien, un peu bidouilleur, il compose en studio, et joue sur scène, sur différents
dispositifs analogiques privilégiant la création du son en direct.
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| Depuis quelques années, il réalise un travail à base d’objets sonores, dans lequel musique et
scénographie coexistent et interfèrent l’une sur l’autre. |
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On me demande souvent d’où m’est venue l’idée de ce petit cirque dont les artistes sont des
jouets qui font des numéros pour les oreilles.
Mes activités musicales se partageaient jusque-là entre le saxophone et différentes pratiques
électroacoustiques sur scène ou en studio.
J’ai toujours été intéressé par l’idée de faire de la musique à partir d’objets ou d’événements qui
ne sont pas faits pour ça. Jouer avec des sons du quotidien, les ré-agencer, les mélanger... le B A
BA de l’électroacoustique, quoi.
Il y a aussi une fascination pour tous ces petits jouets mécaniques bon marché qui, quand on les
ouvre, révèlent un mécanisme aussi simple qu’astucieux. Les mouvements qu’ils font provoquent
frottements, roulements, tapotements, battements qui légèrement sonorisés, donnent toutes
sortes de matières à entendre.
L’envie de cirque, ça me vient de vieux amis qui lançaient dans les années 70 les premiers
«nouveaux» cirques.
Ils ne savaient pas faire grand chose, n’étant pas des enfants de la balle, mais leur ingéniosité et
leur humour faisaient des spectacles formidables.
J’aime recycler. Tous ces jouets généralement trouvés aux puces sur le stand de gamins, se font
offrir une seconde vie.
Quant à la piste, elle est construite presque entièrement à partir de chutes de matériaux et
d’objets utilitaires délaissés qui traînent dans mes placards depuis parfois vingt ans.
Certains, voyant les jouets, me disent que je suis retombé en enfance. Le retour à l’enfance, ça
serait plutôt par le bricolage que ce spectacle a occasionné. J’aimais autrefois construire des
choses avec toutes sortes d’objets récupérés, un tube de colle et quelques clous. Je m’y suis
remis pour l’occasion, de manière pas du tout professionnelle (je ne suis pas plasticien), en
assemblant mes fonds de placard à la colle forte. Ca tiendra ce que ça tiendra!
C’est tout ça qui a fait le Petit Cirque: des exigences musicales, un attrait pour les petites
mécaniques, une envie de bricoler comme avant... et une volonté de ne pas se prendre trop au
sérieux.
Laurent BIGOT |
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